Les banques se prêtent constamment entre elles. Certaines disposent de plus de liquidités que nécessaire, d'autres en manquent. Le marché interbancaire assure la liaison, en transférant des sommes considérables du jour au lendemain et à court terme. Il constitue le système de circulation de l'information du système financier, et lorsqu'il se bloque, les conséquences sont immédiates et graves.
Le marché fonctionne de plusieurs manières. Sur le marché non garanti, les banques se prêtent entre elles sans garantie. Le taux d'intérêt de ces prêts, historiquement le LIBOR ou aujourd'hui le SOFR, sert de référence pour des milliers de milliards de dollars de prêts et de produits dérivés. Sur le marché garanti, les banques prêtent en s'appuyant sur des garanties, généralement des titres d'État. Les opérations de rachat, ou pensions, constituent le segment le plus important. Dans le cadre d'une pension, une banque vend des titres à une autre et s'engage à les racheter le lendemain à un prix légèrement supérieur. La différence représente les intérêts.
Lorsque les banques perdent confiance les unes envers les autres, le marché interbancaire se paralyse. En 2008, les banques ont cessé de prêter du jour au lendemain, car personne ne savait quelles institutions détenaient des créances hypothécaires toxiques. Les banques centrales sont intervenues en tant que prêteurs de dernier recours, injectant des liquidités et garantissant les dépôts. Le même scénario s'est reproduit en 2020, lorsque la pandémie a provoqué une ruée vers les liquidités.
Le marché interbancaire est invisible au public, mais il détermine la disponibilité et le coût du crédit dans l'ensemble de l'économie.
Comments
No comments yet. Be the first to share a thought.
Leave a comment