Emmanuel Kant pensait que la morale ne pouvait dépendre ni de nos désirs ni de ce qui se trouve utile. Elle doit être impérative, indépendamment de tout désir ou conséquence. L'impératif catégorique, qu'il nomme le principe suprême de la morale, se décline en plusieurs formulations. La plus célèbre est la suivante : n'agisse que d'après la maxime dont tu peux vouloir qu'elle soit universelle. Vérifie la raison d'agir en te demandant si tout le monde pourrait agir selon elle.
Kant opposait les impératifs catégoriques aux impératifs hypothétiques. Un impératif hypothétique indique la marche à suivre pour atteindre une fin précise : par exemple, pour être en bonne santé, il faut faire de l’exercice. Un impératif catégorique, quant à lui, ordonne sans condition. La seconde formulation stipule : il faut toujours traiter l’humanité, en soi comme chez autrui, comme une fin en soi, jamais comme un simple moyen. La troisième évoque un royaume des fins, où des êtres rationnels élaborent collectivement la loi morale. Kant considérait que ces formulations exprimaient le même principe. Le mensonge, la tricherie et le non-respect des promesses ne résistent pas à l’universalisation, car un monde où chacun agirait ainsi saperait les pratiques mêmes sur lesquelles ils reposent.
Les formulations de Kant
- Loi universelle. Agissez uniquement selon les maximes que vous pourriez considérer comme universelles.
- Humanité. Traitez les personnes comme des fins, et non comme de simples moyens.
- Royaume des fins. Agir en tant que législateur dans une communauté d'êtres rationnels.
L'impératif catégorique fonde l'éthique déontologique, selon laquelle certains actes sont mauvais quelles que soient leurs conséquences.
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