La prise simultanée de deux médicaments peut avoir un effet qui ne résulte pas de l'action de chacun pris individuellement. L'un peut modifier l'absorption, la distribution, le métabolisme ou l'élimination de l'autre. Cette modification constitue une interaction médicamenteuse et peut renforcer ou affaiblir un médicament, voire provoquer un nouvel effet indésirable. Certaines interactions sont bénignes, d'autres sont dangereuses.
Le mécanisme le plus fréquent implique les enzymes hépatiques, notamment la famille du cytochrome P450. Certains médicaments inhibent ces enzymes, ralentissant ainsi la dégradation d'autres médicaments et augmentant leur concentration sanguine. D'autres les induisent, accélérant le métabolisme et réduisant l'effet d'un médicament associé. La warfarine en est un exemple classique : les antibiotiques, les AINS et même certains aliments peuvent modifier son effet et rendre la situation dangereuse pour le patient. Des interactions peuvent également se produire au niveau des transporteurs, dans l'estomac, ou par des effets additifs sur un même organe.
Types d'interactions :
- Pharmacocinétique. Un médicament modifie l'absorption, la distribution, le métabolisme ou l'excrétion d'un autre.
- Pharmacodynamique. Deux médicaments agissent sur le même système, en ajoutant ou en s'opposant à leurs effets.
- Food and drug. Le jus de pamplemousse inhibe le CYP3A4 ; les légumes à feuilles vertes affectent la warfarine.
- Maladie médicamenteuse. Un médicament peut aggraver une affection existante.
Les pharmaciens vérifient les interactions médicamenteuses avant de délivrer les médicaments. Les patients doivent informer chaque prescripteur de tous les médicaments qu'ils prennent, y compris les compléments alimentaires.
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