Les banques opèrent au-delà des frontières, mais la réglementation est nationale. Ce décalage a engendré des problèmes. Dans les années 1970, les faillites bancaires dans un pays ont menacé la stabilité des autres. En réponse, les gouverneurs des banques centrales de dix pays ont créé le Comité de Bâle sur le contrôle bancaire en 1974. Ce comité se réunit à Bâle, en Suisse, et élabore des normes que les pays adoptent volontairement.
Le premier accord de Bâle, en 1988, a fixé des exigences minimales de fonds propres. Les banques devaient détenir des fonds propres équivalents à au moins 8 % de leurs actifs pondérés en fonction des risques. Ainsi, une banque ayant 100 millions de dollars de prêts devait détenir 8 millions de dollars de fonds propres. L'objectif était de garantir que les banques puissent absorber les pertes sans faire faillite. Bâle II, en 2004, a affiné ces règles, autorisant les banques à utiliser des modèles internes pour évaluer les risques. Cette approche s'est avérée contre-productive en 2008, lorsque ces modèles ont sous-estimé les risques liés aux titres adossés à des créances hypothécaires.
Bâle III, adopté en 2010 et mis en œuvre progressivement au cours de la décennie suivante, a renforcé les exigences de fonds propres, introduit un ratio de levier et des règles de liquidité. Les banques doivent détenir suffisamment d'actifs liquides de haute qualité pour faire face à un scénario de crise de 30 jours. Elles doivent également maintenir une réserve contracyclique qui se constitue en période de croissance et peut être mobilisée en période de crise.
Les accords de Bâle ne constituent pas une loi, mais des normes. Chaque pays les met en œuvre par le biais de sa propre réglementation. Les États-Unis, l'Union européenne et d'autres juridictions ont adopté des versions de Bâle III, mais non identiques. Ces différences sont importantes pour les banques internationales.
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