Le déterminisme linguistique est la forme forte de l'hypothèse Sapir-Whorf : l'affirmation selon laquelle la langue parlée par une personne détermine sa façon de penser. Dans sa version la plus stricte, les locuteurs de langues différentes évoluent dans des univers cognitifs distincts, car leurs langues façonnent la réalité différemment.
Benjamin Lee Whorf soutenait que la grammaire et le vocabulaire d'une langue façonnent la pensée habituelle. Il soulignait les différences dans la manière dont les langues encodent le temps, le nombre et les relations spatiales. Des recherches ultérieures ont testé des versions plus nuancées de cette idée – la relativité linguistique – en s'interrogeant sur le rôle du langage dans l'attention, la mémoire et la catégorisation, plutôt que sur sa détermination stricte. Les résultats sont mitigés. Le langage peut orienter l'attention vers certaines distinctions et rendre certains concepts plus accessibles, mais on peut penser à des catégories pour lesquelles notre langue ne possède pas de mot, et des locuteurs de langues différentes peuvent parvenir aux mêmes conclusions logiques.
La plupart des psycholinguistes contemporains rejettent le déterminisme strict tout en admettant que le langage peut exercer des effets subtils et mesurables sur la cognition. Ce débat continue de stimuler la recherche sur la perception des couleurs, le raisonnement spatial et la représentation du temps.
Le langage est un puissant outil de la pensée. La question de savoir s'il constitue également une prison pour la pensée reste une question empirique à réponse complexe.
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