Quand on a soif, on boit un verre d'eau : c'est un vrai délice. On en boit un deuxième, et c'est toujours aussi bon. Au quatrième, on n'en peut plus. La satisfaction procurée par chaque verre diminue à mesure qu'on en boit. Cette satisfaction, c'est l'utilité, et sa diminution est la loi de l'utilité marginale décroissante, un des plus anciens concepts de l'économie.
L'utilité n'est pas mesurable physiquement. On ne peut pas évaluer l'utilité d'une banane en la regardant, comme on évalue son poids. Les économistes la considèrent comme un classement ordinal : on peut exprimer une préférence pour un ensemble de biens plutôt qu'un autre, mais pas dans quelle mesure. Les premiers utilitaristes, comme Jeremy Bentham, pensaient que l'utilité pouvait être cumulée à l'échelle de la société et que la meilleure politique maximisait le bonheur total. Les économistes modernes sont plus prudents. Comparer l'utilité entre les individus est une tâche complexe, ce qui explique pourquoi l'économie du bien-être est un domaine si controversé.
Ce concept reste pertinent. Il explique l'attrait de l'assurance : un dollar perdu lors d'une catastrophe est plus préjudiciable qu'un dollar gagné en période faste. Il sous-tend la théorie du choix du consommateur, selon laquelle les individus répartissent leurs revenus afin de maximiser leur utilité totale, compte tenu de leur budget. Et il explique pourquoi l'eau, ressource essentielle, coûte moins cher que les diamants, qui ne le sont pas. Ce sont la rareté et l'utilité marginale, et non la seule utilité, qui déterminent les prix.
Concepts d'utilité
- Utilité totale : satisfaction globale tirée de la consommation
- Utilité marginale : satisfaction tirée d'une unité supplémentaire
- Utilité marginale décroissante : chaque unité supplémentaire satisfait moins
- Utilité ordinale : classement sans mesure
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