Dans une économie de prestige, le statut s'acquiert par la générosité plutôt que par l'accumulation. Celui qui donne le plus est le plus respecté. Cela va à l'encontre de la logique du marché, où la richesse se mesure à ce que l'on possède. Mais dans de nombreuses sociétés à petite échelle, l'accumulation de biens suscite la suspicion et le ridicule. Le partage est la voie de l'influence.
Le potlatch de la côte nord-ouest en est un exemple classique. Un hôte qui distribue des couvertures et des canoës à des centaines d'invités acquiert titres et réputation. Le système d'échange Kula des îles Trobriand fonctionne de manière similaire : les hommes qui font circuler des coquillages précieux se font un nom. Dans les deux cas, le but n'est pas le profit matériel, mais la création d'obligations, d'alliances et d'un statut social. Les économies de prestige coexistent souvent avec la production de subsistance. On donne le surplus, et non la nourriture nécessaire à la survie.
Caractéristiques principales
- Le statut social s'acquiert en donnant, et non en gardant.
- La générosité publique crée une dette sociale.
- Les dons compétitifs peuvent s'intensifier avec le temps.
- La richesse matérielle circule plutôt qu'elle ne s'accumule.
Les économies de prestige démontrent que les comportements économiques ne sont pas universels. Chacun accorde une valeur différente aux choses, et la générosité peut être une forme de pouvoir.
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