Le relativisme culturel soutient qu'une culture doit être comprise selon ses propres termes, et non jugée à l'aune des normes d'une autre. Cette idée a émergé au début du XXe siècle, principalement associée à Franz Boas et à ses élèves, en réaction aux cadres racistes et évolutionnistes qui dominaient alors l'anthropologie. Boas affirmait que chaque culture possède sa propre histoire et sa propre logique, et que les comparer sur une même échelle de progrès relevait à la fois d'une mauvaise démarche scientifique et d'une faute éthique.
Le relativisme ne signifie pas que tout est permis. Il s'agit d'une approche méthodologique : suspendre son jugement le temps de comprendre comment les individus perçoivent le monde. Cela n'implique pas d'approuver toutes les pratiques. Les anthropologues distinguent le relativisme méthodologique, un outil de recherche, du relativisme moral, qui affirme qu'aucune pratique ne peut être critiquée. La plupart des anthropologues en activité adoptent le premier et rejettent le second.
Pourquoi c'est important
- Cela corrige les biais ethnocentriques dans la recherche.
- Cela oblige à prendre en compte le contexte et la signification locaux.
- Cela n'excuse ni les préjudices ni les violations des droits de l'homme.
- Cela demeure l'un des engagements éthiques fondamentaux de la discipline.
Comprendre le relativisme avec justesse est un exercice d'équilibre. L'important est de comprendre avant de juger, et non d'éviter systématiquement de juger.
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