Deux plans du même sujet, séparés par un court intervalle. Le sujet semble faire un bond en avant. Il s'agit d'un jump cut, une technique de montage qui crée une rupture déstabilisante dans la continuité. Cette technique enfreint les règles habituelles du montage, qui visent une fluidité et une continuité parfaites. Le jump cut est abrupt. Il attire l'attention sur la coupure. Il peut être déconcertant, ou au contraire dynamisant.
Le procédé du jump cut a été popularisé par Jean-Luc Godard dans À bout de souffle, où il l'utilisait pour condenser le temps et créer un sentiment d'angoisse. Initialement perçue comme une erreur, cette technique est devenue emblématique de la Nouvelle Vague et un outil précieux pour les cinéastes contemporains. On la retrouve dans les clips musicaux, les publicités et les vlogs. Elle permet de montrer le passage du temps sans transition, de créer une impression de fragmentation ou de malaise, et de briser le quatrième mur, rappelant ainsi au spectateur qu'il regarde un film.
Le raccord cut peut être subtil ou marqué. Un raccord cut discret, où le sujet se déplace légèrement, peut passer presque inaperçu. Un raccord cut plus important, où le sujet traverse le cadre, est impossible à manquer. L'effet dépend de l'intervalle et du contenu. Un raccord cut dans une conversation peut révéler l'évolution des émotions d'un personnage. Un raccord cut dans un paysage peut illustrer le passage des saisons. Cette technique est polyvalente. Il ne s'agit pas d'une erreur, mais d'un choix délibéré.
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